#ChallengeAZ - M








MARCHAND DES QUATRE SAISONS


Nom désuet donné à des marchands ambulants qui vendaient dans les rues, en transportant sur des voitures à bras des légumes et des fruits.

Le 11 Mars 1844, à 8heures du matin, en la commune de Bruyelle, district de Tournay, Province du Hainaut (Belgique) nait François-Joseph enfant naturel de Marie-Rosalie LIARD journalière âgée de 23 ans domiciliée en cette commune.


Le 1er septembre 1851 à 9 heures du matin, Philippe François Joseph ALLARD, premier échevin, officier délégué de l’Etat civil de la commune de Bruyelle, unit par le mariage Marie-Rosalie LIARD avec Fidèle Joseph MATON journalier né à Hollain (Belgique) le 21 mars 1825.
Aussitôt unis, les époux ont déclaré qu’il est né d’eux, deux enfants inscrits sur les registres de l’état civil de la commune, le premier en date du 11 Mars 1844,  sous les nom et prénoms de LIARD François-Joseph, et le deuxième en date du 15 avril 1846, sous les nom et prénoms de LIARD Louis, lesquels ils reconnaissant pour leurs enfants.

François-Joseph LIARD s’appelle donc dorénavant François-Joseph MATON.
Marie-Rosalie décédera le 10 aout 1857 à Bruyelle.
François-Joseph vit chez son père à Bruyelle comme journalier.  Il rencontre Aglaé Ernestine Nicole LOCQUEGNIER,  journalière, domiciliée en  la commune d’Antoing (Belgique), où elle est née le 6 octobre 1844.

Ils s’unissent le 12 Mai 1868 à 10 heures du matin, devant le Bourgmestre Officier de l’Etat civil de la commune d’Antoing, Chevalier de l’Ordre de Léopold.
François-Joseph est alors âgé de 24 ans, et libéré de ses obligations résultant de la loi sur la milice nationale, et Aglaé est âgée de 23 ans.

Comme les parents de François-Joseph, les deux époux déclarent qu’il est né d’eux à ANTOING le 5 février 1868 un enfant du sexe féminin appelé Marie Aglaée, et qu’ils reconnaissent pour leur fille et entendent légitimer par le mariage.

Ce couple aura à ma connaissance pour l’instant 4 filles dont Anna Adélaide MATON, arrière grand-mère de Jean-Marc mon époux.

Lors du mariage d’Anna MATON avec Charles LEMESRE, daté du 22 octobre 1904 à Lille, François-Joseph MATON père de la mariée, alors âgé de 60 ans, a déclaré comme profession « MARCHAND DES QUATRE SAISONS »

Voici une photo de lui, avec Aglaé son épouse et sans doute deux de ses filles et petits enfants


Les petits marchands de fruits et légumes qui parcouraient les quartiers des villes, avec une charrette à bras, ou, plus humblement, avec une hotte ou un panier, commençaient aussi leur journée fort tôt, soit qu’à Paris et dans les grandes villes, ils dussent commencer par aller s’approvisionner aux Halles, au milieu de la nuit, marchandant avec les maraîchers, soit qu’eux-mêmes fermiers ou maraîchers, dans de plus petites localités, ils eussent quelque chemin à parcourir, après avoir chargé leur récolte, avant de parvenir sur les lieux de vente.

Les plus pauvres ne vendaient qu’une variété de légumes de saison, transportés dans une hotte. Ainsi le marchand d’artichauts devenait au fil des saisons, marchand de choux, de choux-fleurs, de navets, de carottes etc. Les plus prospères offraient sur leur carriole, véritable éventaire mobile de légumes, une plus grande variété.
Certains  s’étaient fait une spécialité, par exemple de légumes épluchés, lavés et assortis, tout prêts à être jetés dans la soupe ou dans le pot-au-feu, ou de julienne. Dans tous les cas, les petits marchands des quatre saisons s’annonçaient en frappant avec un maillet sur un cylindre de bois accroché à la ceinture et leur gouaille, leur sens de la formule et la répartie pour vanter la marchandise ou répondre à un client grincheux leur faisaient rarement défaut.

Dans son livre plein d’intérêt et d’humour sur ce qu’on voit dans les rues de Paris, Monsieur Victor Fournel s’est aussi occupé de ce qu’on y entend. Il a écrit tout un chapitre sur les cris de Paris, les industriels des rues, les gagne petit.
Le Marchand des quatre saisons prend le temps comme il vient et les saisons dans l’ordre où elles se succèdent. Les primeurs n’existent pas pour ce négociant qui porte toute sa fortune dans sa bourse de cuir et toutes ses denrées dans sa charrette à bras ou dans sa brouette.
Juin rougit-il les cerises d’un de ses chauds rayons, vous entendez le marchand des quatre saisons crier dès le matin



« Vlà la bonne Mémorency ! » et appeler ainsi les concierges et les ménagères populaires autour de son comptoir ambulant.
Quant l’été avance et que les cerises s’en vont, les pêches arrivent et les petits pois les accompagnent.
« Vlà les bonnes pêches en plein vent ! » 
L’été est fini, l’automne arrive. Le marchand des quatre saisons ne s’en étonne pas. C’est le moment de la vendange.
« Vlà le raisin de Fontainebleau ! Le beau raisin de Fontainebleau ! »
« Les artichauts ! Les bons artichauts ! » alternent avec le raisin. Mangez-les à l’huile, mangez-les à la sauce blanche, à la barigoule, mangez-les comme vous le voudrez, mais mangez-les, car, pendant l’automne, c’est le gagne pain du marchand des quatre saisons.
La saison devient rude ; le dernier des étés, l’état de la Saint Martin a cessé de luire. Le marchand de marrons qui arrive au moment où s’envolent les hirondelles s’est assis sur son trône au coin d’un cabaret. Il y a déjà quinze jours que l’on a célébré la Toussaint. Que va faire le Marchand des quatre saisons ? Après avoir chanté tout l’été, comme la cigale, va-t-il être obligé de danser comme elle, ce qui ne conviendrait guère à sa chaussure et à son encolure ?
Rassurez-vous, j’entends le bruit de sa charrette qui roule et sa voix éclatante qui retentit. Il a encore une corde à son arc et des ressources dans son bissac. Ecoutez son cri s’élever :
« Pommes de terre !  Pommes de terre au boisseau ! »
Puis s’élève, comme la trompette de Jéricho, ce redoutable refrain qui réveille dans leur lit, les jeunes femmes paresseuses, se reposant des fatigues d’une nuit passée au bal. Elles entendent tout à coup l’appel matinal du marchand des quatre saisons qui les ramène à la réalité et à la prose en vociférant « Des choux, des poireaux, des carottes ! Navets ! Navets !"
Qu’importe au marchand des quatre saisons ? Il faut que son commerce marche. La fourmi, qui n’est pas prêteuse s’inquiétait peu, j’imagine, des plaisirs de la cigale.
On n’arrête pas plus la charrette du marchand des quatre saisons que le char du soleil. L’une suit l’autre en variant ses chargements selon les fruits ou les légumes qu’amène chaque saison de l’année.
Extrait de « La semaine des Familles » du 16 novembre 1867



Extrait de la Revue Municipale de Paris en 1897, relatant la règlementation des Marchands des Quatre Saisons à PARIS
« Article 1er – à moins d’une autorisation spéciale, il est interdit de circuler sur la voie publique et d’y stationner, en quête d’acheteurs, avec des marchandises ou denrées de quelque nature que ce soit, exposées en vente sur des étalages portatifs, dans des paniers ou sur des voitures à bras
« Sont réputés en quête d’acheteurs, le stationnement sur la voie publique, quelque courte qu’en soit la durée, l’offre de vente et la vente.
« Article 2des autorisations pourront être accordées dans les conditions et les circonstances prévues par la présente ordonnance à des personnes nécessiteuses et chargées de famille, pour la vente des fruits, légumes frais, viande, volailles, gibiers, œufs, beurre, fromages, huitres, poissons, ainsi que pour la vente des fleurs coupées.
Il est interdit aux titulaires de ces autorisations de vendre des animaux vivants et des objets ou des produits qui seraient de nature à exciter la curiosité des passants et provoqueraient des rassemblements.
« …
« Article 6les marchands autorisés à vendre sur la voie publique recevront gratuitement à la Préfecture de Police
-       Une médaille en cuivre portant leur nom et les lettres initiales de leurs prénoms ainsi que le numéro de l’autorisation.
-       La médaille sera portée d’une manière très apparente et de manière à toujours être aperçue par les agents de l’autorité
-       Un carnet contenant avec un extrait de la présente ordonnance leur photographie
-       ….
« Article 7le marchand ambulant ne pourra faire usage, pour le transport de ses marchandises que d’une voiture à bras qui ne devra pas excéder les dimensions suivantes
. Longueur de la cage ; 1m50
. Largeur de la cage ; 1 mètre
. Longueur du brancard ; 1 mètre.
« Article 8Il leur est défendu de s’arrêter pour vendre et même offrir leurs marchandises aux abords, dans un rayon de 100 mètres des marchés publics ou particuliers, et de 40 mètres de toutes boutiques ou se trouvent des marchandises de même nature que les leurs. …. »








Des chansons leur sont consacrées ; En voici une écrite en patois de Lille par Louis Longret















Pour aller plus loin
Les revendeuses, les marchands des quatre saisons, les fruitiers, achetaient, se hâtaient. — (Émile Zola, Le Ventre de Paris, G. Charpentier, Paris, 1873)

Une marchande des quatre-saisons peut donc vivre tant de fois quatre saisons ? — (Colette, Le Toutounier, 1939)

[…] ou plutôt les vingt coqs, laborieusement économisés par une marchande des quatre saisons dont l’erreur consistait à fréquenter, rue de Montreuil, un bar où l’on jouait aux dés. — Francis Carco, Histoire sans titre, dans Pages choisies, Albin Michel, 1935, p. 37)



Sources ; wiktionary, Gallica, photos familiales, aide de ; Nicole (sur Généanet ndb100), du groupe de Généalogie Belgique sur Facebook https://www.facebook.com/groups/genealogiepourtousenbelgique/
Petits métiers des villes petits métiers des champs Fabienne Reboul Scherrer Editions France Loisirs.
Nord Pas de Calais à travers la carte postale Jean-Pascal Vanhove HC Editions.