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VARIOLE de 1870

Lorsque la France déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870, elle est en proie à une épidémie de variole.

Et elle n’épargne pas l’armée. Ainsi, avant la guerre, la garnison normale de Metz avait fourni à l’hôpital militaire un contingent de varioleux bien supérieur à celui des années précédentes. Non que les populations civiles et militaires ne fussent pas vaccinées, mais les vaccins n’étaient pas de bonne qualité, comme en témoigne le cas de Pasteur ; ils n’immunisaient au mieux que quelques années, de sorte que seule la revaccination à intervalles réguliers pouvait être prophylactique. Ainsi, en 1869, près de 93 % des 115 000 recrues avaient été vaccinées, mais les vaccinations n’avaient réussi que dans la moitié des cas et les revaccinations dans un tiers des cas.

Si l’épidémie de variole n’est que l’une des causes de la débâcle française, elle n’en est pas la moindre. Toujours à Metz, le médecin de la garnison ajoutait à sa description qu’à peine les troupes étaient-elles agglomérées autour des murs de la ville, sans qu’on pût encore invoquer aucune influence dépressive, l’attention était appelée sur l’accroissement journalier du chiffre des varioleux.

Pierre Constant RICHARD nait à La BOISSIERE DE MONTAIGU le 13 aout 1848. Il est le fils de Mathurin  RICHARD cultivateur, âgé de 44 ans et de Rose CHAILLOU âgée de 42 ans.


Le 4 septembre 1870, la défaite de Sedan face à la Prusse écroule le Second Empire de Napoléon et signe l’avènement de la IIIème République. Le territoire national est envahi et l’armée prussienne assiège Paris.








Pierre Constant RICHARD est affecté  à la défense de la capitale, au fort de Bicêtre, comme garde mobile. Il fait partie des unités spéciales, 4ème bataillon, 6ème compagnie.





 




 



















Les conditions sanitaires sont épouvantables.
Dès septembre 1870 de nombreux blessés de la guerre furent accueillis dans différents hôpitaux qui furent transformés en hôpitaux militaires.
Certains de ces malades et blessés furent atteint de la Variole qui se propageât dans la population.
(Les varioleux étaient à cette période transportés dans la « Picotière », un véhicule datant de 1850.)

Pierre Constant se trouve lui aussi atteint de la variole.
Il est entré à l’hôpital  temporaire de Bicêtre, commune de Gentilly, le 14 janvier 1871 et y décède le 15 Janvier 1871, soit TROIS JOURS seulement avant la capitulation de la France qui fait se lever, en mars, la Commune de PARIS, dernière révolution tragique qui ensanglanta le pays.
Pierre Constant était âgé de 22 ans !








 





 







 


La garde nationale, crée à l'origine en 1789, était formée de tous les citoyens de 16 à 60 ans. Le 14 janvier 1868, fut voté la loi Niel qui permettait la création d'une garde mobile, auxiliaire de l'armée active.
Sous le second empire, le recrutement des soldats se faisait par tirage au sort. Les conscrits qui avaient tiré les « bons numéros » étaient incorporés dans l'armée active où ils devaient faire 7 ans de service. 


Ceux qui n'avaient pas tiré les bons chiffres et qui cependant étaient aptes à servir, allaient rejoindre la garde Nationale pour un service de cinq ans. La garde nationale avait pour mission d'assister les autorités, de protéger les biens, de maintenir l'ordre et de veiller à la sécurité.
Chaque ville, d'une certaine importance, avait ses gardes, hommes âgés de 20 à 60 ans. Les gardes nationaux étaient formés dans chaque canton, en plusieurs compagnies, et élisaient eux-mêmes leurs officiers, ils étaient placés sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, des préfets et des maires.
La garde nationale formait une masse de réserve d'environ 600 000 hommes et était divisée en trois corps différents ;
- les gardes mobiles, appelé " les mobiles ", corps constitué d'hommes de 20 à 40 ans, réservistes venant de toutes régions,
- les gardes sédentaires, c'est-à-dire la garde locale défendant chaque ville ou village et les gardes mobilisés, corps constitué des hommes de plus de 40 ans.
Des unités d'infanterie et d'artillerie correspondant aux circonscriptions de l'administration civile étaient organisées. Les « Moblots » comme parfois on les appelait, étaient équipés par l'administration civile. 


Les mobiles étaient médiocrement armés et entraînés. L'uniforme de la garde nationale se composait d'un pantalon bleu foncé, à bande rouge, d'une tunique de même couleur à boutons dorés, d'un képi bleu foncé à passepoil rouge avec le numéro du bataillon, d'une capote bleu ciel à boutons dorés, d'une couverture de laine, d'un ceinturon avec cartouchière et porte baïonnette et d'un fusil transformé dit à tabatière bientôt remplacé par le chassepot.






En réalité, beaucoup d'hommes étaient loin d'être équipés de cette manière réglementaire et la fantaisie suppléait souvent à l'absence de moyens
Les unités manquaient souvent de cohésion et d'instruction ; elles étaient encadrées et disciplinées d'une façon très variable mais presque toujours insuffisante.
Peu active et réduite à 24 000 hommes sous le second empire, la garde nationale prit un nouvel essor avec la guerre de 1870, en septembre 1870, 254 bataillons furent formés et bientôt 300 000 hommes mobilisés.

Les formations de mobiles disparurent après la guerre de 1870-71 rendues inutiles par le service militaire universel.




Sources ;
La variole et la guerre de 1870 par Gérard Jorland

La guerre de 1870 en images (Patrick Demer)


du
Archives 85