LETTRE M comme Martin #CHALLENGE AZ



M comme Martin







« Martin VISONNEAU ; né au BIGNON LE 19 septembre 1746, il est domestique à PONT SAINT MARTIN lorsqu'il épouse une Chevroline Jeanne Coeslier, le 20 aout 1776.



Il reprend alors la métairie * de la GUILBAUDRIE **, tenue jusque là par son beau-père, pour le compte du seigneur de La Freudière à LA CHEVROLIERE


Il y cultive une trentaine d'hectares. 











 









 




Il possède en propre quelques parcelles. 
On retrouve son nom sur la liste des propriétaires fonciers de 1792.



 



















Mon Ancêtre Martin VISONNEAU a eu la malchance de naître peu de temps avant la REVOLUTION FRANCAISE.

Comme la plupart des communes de l’OUEST, LA CHEVROLIERE a traversé douloureusement cette période trouble.

Les Chevrolins (habitants de la Chevrolière) sont plongés en mars 1793 dans cette guerre divisée en deux camps ennemis, les Blancs et les Bleus !!
La commune de la CHEVROLIERE a vu plusieurs centaines de ses habitants, de tous âges et de toutes conditions, disparaître dans la tourmente, et beaucoup d’autres connaitront l’exil et la misère pendant de longues années.


Mon Ancêtre Martin VISONNEAU, accusé « d’avoir monté la garde avec les brigands », est arrêté fin 1793 et se retrouve emprisonné à NANTES, à l’Entrepôt des Cafés, jugé et condamné par la Commission militaire Bignon,

La commission Bignon était une commission militaire créée au Mans le 24 frimaire an II (14 décembre 1793), à la fin de la Virée de Galerne, pendant la guerre de Vendée, sous la Révolution française. Baptisée du nom de François Bignon, capitaine au 2e bataillon des volontaires parisiens, elle siège dans plusieurs villes de l'Ouest (Le Mans, Laval, Châteaubriant, Blain, Savenay et Nantes), en complément du tribunal militaire, jusqu'à sa disparition, le 18 floréal suivant (7 mai 1794).
Avant même le carnage de Savenay (23 décembre 1793), Jean-Baptiste Carrier ne cache pas son embarras. Il écrit à la Convention nationale :
«  La défaite des « brigands » est si complète que nos postes les tuent, les prennent et les amènent par centaines ; la guillotine ne peut suffire ;
 j'ai pris le parti de les faire fusiller... »
La manière de procéder est des plus expéditives ; les prisonniers défilent devant leurs juges sans interruption. Il ne leur est demandé que leur identité ; ensuite, reconnus coupables d'avoir porté les armes contre la République, ils sont condamnés à mort et exécutés dans les heures suivantes. L'état des prisonniers jugés à Nantes par la commission Bignon du 9 au 28 nivôse an II et du 2 au 9 pluviôse an II donne l'ordre exact de passage devant la commission. Ces listes établies quotidiennement sont très sommaires -nom, prénom, âge, lieu de naissance- mais révèlent un certain souci d'ordre


L'avantage pour la commission Bignon de siéger à la prison de l'Entrepôt des cafés est double, les prisonniers sont saisis dans leur principal lieu de détention, le plus engorgé aussi, et ensuite, après leur « jugement » sommaire, ils sont menés, avec toute la rapidité requise aux carrières suburbaines de Nantes (Miséri, Gigant, Chantenay) où les attend le peloton d'exécution.


La Prison de l'Entrepôt des cafés était une prison de Nantes sous la Révolution, construite en 1788 - "L'antichambre de la mort"




                         Plaque commémorative située sur la façade de l'ancien entrepôt.


Situé en bordure du port de Nantes, l'Entrepôt des cafés fut la principale "antichambre de la mort". Après la bataille de Savenay (23 décembre 1793 - 3 nivôse an II), plusieurs milliers de brigands y furent entassés. Les noyades, cyniquement appelées Mariages républicains, et les fusillades ajoutées au froid, à la faim et au typhus le vidèrent en quelques semaines.


L'énorme bâtiment s'étendait au bout du port, à l'écart du centre-ville et à égale distance des carrières de Gigant (où les pelotons d'exécutions opèrent) et de la Loire. C'est le département qui prend l'initiative d'écarter le choix du couvent des Petits-Capucins, jugé trop exigu, et de lui préférer l'Entrepôt.


Le site présente tous les avantages et les bâtiments, formant un quadrilatère autour d'une cour fermée, sont assez vastes pour abriter six mille prisonniers.



Le 17 janvier 1794, Martin VISONNEAU est fusillé dans les carrières de Gigant avec quatre autres Chevrolins.


On retrouve sa veuve et ses deux enfants à la Freudière en 1796


 
Article inspiré du livre de Patrick AMELINE – « La Chevrolière sous la Révolution », et de « La Bretagne contre la Révolution » du magazine « BRETONS » et Wikipédia