#challengeAZ - Y



YPERITE

Le gaz moutarde est un composé chimique cytotoxique et vésicant qui a la capacité de former de grandes vésicules sur la peau exposée.
Il est aussi nommé parfois ypérite (dérivé du nom de la ville d'Ypres (Ieper) en Belgique où il fut pour la première fois utilisé au combat en septembre 1917.
Il a été particulièrement utilisé comme arme chimique visant à infliger de graves brûlures chimiques des yeux, de la peau et des muqueuses, y compris à travers les vêtements et à travers le caoutchouc naturel des bottes et masques, durant la Première Guerre mondiale et lors de plusieurs conflits coloniaux, puis, plus récemment, lors de la guerre Iran-Irak.
Sous sa forme pure et à température ambiante, c'est un liquide visqueux incolore et inodore qui provoque, après un certain temps (de quelques minutes à quelques heures), des cloques sur la peau. Il attaque également les yeux et les poumons.

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Samuel RICHARD nait le 3 décembre 1898 à la BOISSIERE DE MONTAIGU. Il a les cheveux châtains, les yeux jaunes clairs, le front large, le nez rectiligne, le visage large, et mesure 1 ,58m.
Il est incorporé au 147ème régiment d’infanterie à compter du 1er mai 1917, registre matricule 17472, soldat de 2ème classe. Il n’a pas  encore 19 ans.




Il passe en décembre 1917 au 87ème régiment d'infanterie.

Le 20 juillet 1918, il incorpore le 13ème régiment d'infanterie, puis le 20 juin 1918 le 113ème régiment d'infanterie.

 
Le 15 octobre 1918, Samuel part avec le 113ème pour la bataille d'olizy.

"15 octobre 1918 - Combat d'Olizy - Les objectifs du régiment sont la croupe du moulin d'Olizy et le village d'Olizy. L'attaque déclenchée à 6 heures du matin est conduite avec un bel élan par le bataillon de la Motte à gauche, et à droite le 3ème bataillon (commandant Fraisse, remplaçant provisoirement le commandant De Guimaraes, intoxiqué), tandis que le 2ème bataillon est en soutien.
Elle conquiert dans la matinée les deux objectifs à travers un tir de barrage d'une violence extrême, et réduit un à un les innombrables nids de mitrailleuses terrés dans des blockhaus bétonnés. L'enlèvement et le nettoyage du village sont particulièrement le fait du groupe France du 1er bataillon et de la 2ème compagnie (capitaine Caillies).
La lisière nord du village est atteinte à 13 heures malgré un bombardement extrêmement violent du village, bombardement comprenant de nombreux obus toxiques.

Pertes - 11 tués - 184 blessés et intoxiqués - 4 disparus présumés prisonniers".

Le brillant fait d'armes accompli par le régiment dans cette journée du 15 octobre a mis en relief le cœur, l'entrain et l’excellent esprit de tous, gradés et hommes. 450 prisonniers et un nombreux matériel pris à l'ennemi en portent témoignage devant le commandement. Une seconde citation à l'Ordre de l'Armée lui est demandée pour le régiment.

Extrait de l'historique sommaire du 113ème régiment d'infanterie.




C'est le 16 octobre 1918 que Samuel est évacué pour intoxication par gaz ypérite, par train sanitaire en provenance de l'ambulance N°4/1.

Il est admis le 18 octobre 1918 à l'ambulance n° 11/21





Ci-après deux documents délivrés par le service des archives médicales des armées.
 






















Samuel rejoindra son corps d'armée après permission le 29 octobre 1918. Il passe le 13 avril 1919au 19ème bataillon de chasseurs alpins, puis au 169ème régiment d'infanterie.
Il sera renvoyé dans ses foyers à la BOISSIERE DE MONTAIGU (85) le 15 Juin 1920.

Il épousera Augustine LIMOUZIN le 10 novembre 1925, ils auront 10 enfants

Etant l'ainé des garçons, il prendra la suite de son père à la Ferme de la Pinsonnière à LA BOISSIERE DE MONTAIGU.

Il décédera en 1953.

L'yperite attaque prioritairement les muqueuses humides (poumons, lèvres) la peau moite et les yeux, rendant les victimes aveugles, ce qui complique encore leur prise en charge et les soins.


(Gassed par Johon Singer Sargent, 1918 - huile sur toile 231/611cm)





Photo pédagogique montant deux soldats de la première guerre mondiale, l'un portant son masque à gaz, l'autre s'apprêtant à le mettre (archives du service de santé des armées américaines). L'ypérite a été le "gaz" le plus utilisé.


Diffuseur de gaz de combat (asphyxiant), laboratoire du service de santé de l'armée américaine, 1re guerre mondiale


Sources :
WIKIPEDIA - photos de famille, Archives médicales des Armées - Archives départementales de Vendée - Association d'Anciens Combattants de la Boissière de Montaigu.